Woody Allen est sans doute le plus célèbre des New-yorkais. Il débute en écrivant des répliques hilarantes pour la scène comique juive new-yorkaise, sur laquelle il monte bientôt à son tour, campant un personnage de juif new-yorkais névrosé, jouant de sa petite corpulence, fragile, affublé de grandes lunettes. Il passe par le théâtre avant d'écrire et de réaliser son premier film Prends l'oseille et tire toi en 1968. C'est le couple qu'il forme à la ville avec Diane Keaton, puis dans Annie Hall qui va propulser ses premiers succès vers les sommets du cinéma d'auteur international. La part autobiographique est évidente et le spectateur tombe sous le charme irrésistible des tourments affectifs de personnages si proches qui se racontent à travers la psychanalyse. Manhattan poursuit la même veine, et s'ouvre sur des plans de la ville en noir et blanc d'une beauté spectaculaire. Dans le monde entier, la presqu'île est vue désormais à travers le regard de Woody Allen. Toute son oeuvre témoigne d'une prodigieuse mémoire cinéphilique, mais c'est sans conteste Ingmar Bergman dont il reconnaît l'influence la plus forte dans des films d'une veine plus sombre comme Interiors, September, Maris et femmes ou Harry dans tous ses états. En posant pour Match Point (2005) sa caméra à Londres, il prouve que son cinéma survit à Manhattan. En dirigeant Scarlett Johansson et une nouvelle génération de jeunes comédiens séduisants, il conquiert un nouveau public pour qui Annie Hall et Manhattan sont déjà des petits joyaux du cinéma de répertroire.