Que n..a-t-on dit sur l..illustre baryton ? On se rappelle les magnifiques comptes-rendus de Jean Cotté qui exprimait alors à chaud son admiration étonnée de l..artiste et le qualifiait de monstre de génie ! Gabriel Bacquier a forgé son art comme le ferronnier donne à la barre d..acier les formes les plus diverses, de la fine dentelle aux imposantes grilles de défense. Il a laissé un Requiem de Fauré du tout début de sa carrière, donnant au texte de la Messe des Morts son drame et sa part d..espérance. Il a interprété nombre de mélodies françaises, le grain de sa voix, l..intensité de son émotion rendant à la poésie et à la musique le respect qui leur est dû au travers de sa subtile sensibilité. Ici, c..est dans les oeuvres théâtrales, le drame chanté ainsi qu..il aime à le dire, qu..il nous entraîne à sa suite. Il ne sacrifie jamais la diction. Sa musicalité, son art du chant sont menés par une voix immédiatement identifiable. Gabriel Bacquier, à l..image de ses pairs - Fischer Dieskau, Bergonzi, Callas, Schwarzkopf, etc. - se définit lui-même de cette façon : « Je suis musicien et mon instrument est la voix ; je suis comédien, mais sers un art, la musique, qui colore le texte dramatique. » La voix est un moyen et non une fin pour cet artiste qui nous marque. Econome d..effets aussi bien théâtraux que musicaux, Gabriel Bacquier est souvent victime d..idées reçues et de phrases toutes faites : truculence, extraversion, gesticulations, exubérance. Fort tempérament certes, qui parfois explose « à la ville », mais, sur scène, il sert les Maîtres qu..il s..est choisis et s..efface devant eux, tout pénétré de ses personnages.Pays d'Origine : INCONNUAnnée de Sortie : 2070